
Entre nous
Interaction
Une série à l'aquarelle qui explore les seuils de la relation à soi et à l'autre : la rencontre, l'épreuve, le dévoilement et la perte. Chaque image saisit un moment où l'on se transforme au contact de ce qui nous dépasse.



L'observation
Ce dessin met en scène l'instant où deux êtres se découvrent. Deux profils se font face, séparés et pourtant reliés par un entrelacs de fils colorés qui se nouent en leur centre, devant une porte lumineuse ouverte sur un jardin.
C'est la rencontre de deux entités qui s'explorent : leurs vies, leurs personnalités, leurs souvenirs s'emmêlent et se tissent. Le seuil éclairé suggère qu'au point de croisement naît un troisième espace, un monde commun qui n'existe que parce qu'ils se sont regardés.


La fin oou le debut
Le geste intime de se révéler à l'autre.
La mise à nu
Deux mains pèlent un agrume, écartent l'écorce pour exposer la chair vive et translucide. C'est le geste de se dénuder devant quelqu'un. La pudeur résiste, on retient, on protège, mais peu à peu on retire la peau qui nous gardait. Chaque quartier offert nous fait perdre un peu de notre enveloppe, et pourtant on le donne quand même : se livrer, c'est accepter de ne plus pouvoir se reprendre.
La fin du monde
Au bord de falaises fendues, sous un ciel d'orage, de petites silhouettes se tiennent la main face à un arbre noir et noueux, isolé sur son promontoire. C'est la fin du monde regardée à deux, impuissants et aimants. L'arbre est le dernier lien qui nous rattache encore à la nature, au vivant, et l'on ne peut que le contempler, ensemble, tant qu'il tient.

L'ingestion
Le moment où l'on accepte de se laisser traverser par ce qui vient de l'extérieur.
Des gouttes sombres tombent depuis une matière trouble et terreuse vers un visage renversé, bouche offerte. C'est l'image du laisser-aller : s'ouvrir à ce qui nous influence, le bon comme le mauvais, et l'avaler sans tri. Une seconde naissance, mais inversée, où l'on commence par ingurgiter, et le passage est âpre, presque douloureux. Le visage rougi dit cet effort, cette transformation qui brûle avant de pouvoir nourrir.






